Par Caroline Zingg/rédactrice en chef-fe adjointe de L'Illustré - Mis en ligne sur le site www.illustre.ch le 31.08.2011


Allez vous y retrouver! Face à la diversité des systèmes scolaires romands, les parents ne peuvent qu’être désemparés. A chaque canton son schéma, ses appellations, ses orientations. Au niveau du secondaire, trois possibilités: tronc commun, deux troncs, trois voies. Allez donc savoir quel est le meilleur modèle!

 

Sur la base des procédures d’évaluation qui se développent sur le plan international, les deux cantons qui s’en sortent le mieux appliquent deux systèmes opposés. L’école fribourgeoise s’organise en trois filières. Le Valais n’en a qu’une. Malgré ce paradoxe, beaucoup de gens, beaucoup de milieux, prétendent détenir une vérité pédagogique. A l’école, n’y sommes-nous pas tous passés?

 

Ces avis tranchés ne cessent de rallumer la guerre scolaire dans les deux cantons les plus peuplés de Suisse romande, Vaud et Genève. Parents et enseignants adressent des reproches carrés à l’égard du système en place. Ce mécontentement est récupéré par des politiques qui y trouvent une tribune. Il en résulte une critique stéréotypée qui rend l’école responsable de tous les maux. Revenir à l’école à papa, voilà un slogan qui rassure. Est-ce bien raisonnable?

 

Les citoyens n’en sont plus là. En 2006, 86% des Suisses ont exigé une harmonisation du cadre d’enseignement. Elle touche à l’essentiel: les manuels et les objectifs d’apprentissage doivent être les mêmes partout. Les systèmes convergent lentement, l’école évolue constamment.

 

Comme les cantons de Fribourg et du Valais le laissent penser, les questions de structures ou d’évaluations ne sont pas les plus déterminantes. Si ces deux régions se distinguent, c’est d’abord parce que l’institution scolaire y conserve son autorité. Ils réfléchissent comme les autres à l’avenir de leur école, mais avec l’humilité nécessaire. On n’y entend pas les anathèmes qu’on se renvoie dans les cantons de Vaud et de Genève.

 

Il n’y a pas d’école idéale. A sa manière, en prenant le temps, l’école romande s’efforce tout de même d’y tendre. Dès lors, l’enjeu de la votation vaudoise du 4 septembre est relatif. Quelle que soit son issue, l’école de ce canton survivra et continuera à chercher le meilleur chemin, entre une voie, deux voies, trois voies.

 

Les Vaudois mettent surtout à l’épreuve la relation de confiance qu’ils ont envers leurs autorités scolaires. C’est donc l’avenir de leur ministre, Anne-Catherine Lyon, qui est en jeu. Cette votation indiquera si la population se retrouve dans la manière qu’elle a de mener la réflexion scolaire. (Source: L'Illustré no 35 du 31 août 2011)

 

Dossier dédié à l'état actuel de l'école en Suisse romande en 2011 publié dans le même numéro

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